"Dis maman, tu sais pourquoi je souris comme ça dans la rue ?"

Le jour où mon enfant m’a convaincu du pouvoir de l’optimisme….

C’était il y a 4 ans, nous habitions Londres depuis un an déjà.

A leur arrivée, mes deux garçons qui quittaient la France pour la première fois,  avaient été saisis par l’ambiance londonienne qui contrastait en tout point avec celle que nous connaissions, pour ne pas dire subissions, à Paris. Ils s’étonnaient que les personnes dans les magasins, leur disent ”bonjour” ou “aurevoir” et surtout, leur sourient.

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Pour être honnête, il n’y a pas que mes enfants qui percevaient ces plaisantes manifestations de courtoisie. En tant que maman active, voire super active, fraîchement délivrée du sacro-saint métro-boulot-dodo parisien, je prenais un extrême plaisir à me laisser gagner par ce vent frais d’optimisme et de détente perceptible dans la capitale londonienne. Si bien qu’au bout de quelques mois, je constatais une nette diminution de mon penchant naturel (culturel ?) pour le stress et l’anxiété….

Dur retour à la réalité …

Alors que nous marchions sur le trottoir, mon plus jeune fils âgé de cinq ans, me pose cette question à première vue saugrenue :

« Dis maman, tu sais pourquoi je souris comme ça dans la rue ? »

« Non, mon chéri. Parce que tu es content? »

« Mais non pas du tout !! C’est juste pour qu’on ne sache pas que je suis français !!!! »

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Aïe…. Dur, dur d’admettre que mon enfant, encore à l‘école maternelle, ait été à ce point imprégné de notre culture nationale du pessimisme ! Pour rappel, il n’y a que le Japon qui nous dépasse dans le classement des pays les plus pessimistes au monde. Quant à notre jeunesse, elle détient carrément le triste record de champion du monde de l'anxiété et du manque d’estime de soi. Et pourtant, il y en a des belles choses dans notre pays. Alors pourquoi voyons-nous toujours le verre à moitié vide ? Dans quelle atmosphère fait-on baigner nos enfants ? Quelle image leur donne-t-on de notre société ? De la vie et d’eux-mêmes ? Pourquoi ne sommes-nous pas faits pour l’optimisme ?…

Notre pessimisme légendaire serait intimement lié à notre culture de la plainte et de la protestation, héritée de notre passé historique. A cela, s’ajouterait le retard qu’accuse notre système éducatif en matière de compétences sociocomportementales. Le Conseil Economique et Social explique dans une étude récente, que le manque de confiance en soi des enfants français retentirait sur la société entière. Rien d'étonnant à ce que des enfants qui ne développent pas leurs savoir-êtres à l’école ou à la maison, deviennent par la suite, des adultes manquant de confiance en leurs capacités,…qui eux-mêmes, entretiendront avec leurs enfants, une vision de l’école et de la vie anxiogène. La boucle est bouclée…

Il n’est jamais trop tard … ni trop tôt pour changer d’état d’esprit !

Prototype de l’enfant et l’élève modèle ne voulant surtout pas faire de vague, j’avais moi-même passé ma scolarité à craindre le professeur, la mauvaise note, le regard des autres. Je me suis bridée toute mon enfance de peur de…

Le fonctionnement vertical de notre éducation, la non valorisation de l’autonomie, de la créativité, de la prise d’initiative et de la coopération, m’avaient fait fuir les classes préparatoires. Je rêvais d’indépendance à l’université, de temps pour construire un projet, découvrir ce qui au fond m’aurait donné envie de me lever tous les matins, bref me connaître, tout simplement…

J’eus cette chance lors de mon année de maitrise. Séduite par le concept de développement durable, je sus immédiatement que je m’engagerais pour cette cause. Grâce à elle, j’allais laisser parler celle que j’étais au fond de moi et je commençais à envisager la vie sous un autre angle.

En considérant le bon côté des choses, je devenais moins frileuse, plus audacieuse. Je me faisais davantage confiance et prenais plus de plaisir à travailler en groupe, prendre la parole en public ! Mon nouvel optimisme me permettait même d’envisager une création d’entreprise dans le secteur numérique qui m’était pourtant totalement inconnu.

Je ne peux m’empêcher de penser que si j’avais été « câblée » différemment, j’aurais gagné du temps.

Mes enfants auront eu cette chance, avec leurs écoles anglaises. En valorisant leur participation, un comportement louable, la progression plus que la réussite, elles leur auront permis de travailler leur confiance en soi et de se rendre compte qu’on peut penser différemment. C’est probablement le plus utile des apprentissages qui leur aura été donné de faire.

Rentrée en France, je me suis appliquée à conserver cette approche axée sur l’optimisme et à la cultiver chez mes enfants.

Agathe, de retour d’Angleterre elle aussi, en arrivait aux mêmes conclusions avec ses trois enfants.

C’est la raison pour laquelle nous avons voulu créer le Club des Super Pouvoirs : booster la confiance en soi des enfants en leur apprenant à connaître et travailler leurs life-skills avec l’aide de leurs parents, pour qu’ils deviennent des adultes épanouis, en mesure d’offrir le meilleur au collectif.

Dites-nous en commentaires, si vous avez vécu une expérience similaire ? Avez-vous appris l’optimisme ? Eduquez-vous vos enfants dans ce sens ?




Julie BachCommentaire